Pourquoi l’ACPP est-elle le lobby le plus dangereux au Canada?

1. L’ACPP fait obstacle à l’action climatique.

L’une des campagnes les plus insidieuses de l’ACPP a consisté à dépenser des millions de dollars pour attaquer la science des changements climatiques à la télévision, dans les journaux et en ligne ces dernières années. Son message a été diffusé partout, des salles de classe aux halls de musée.

L’ACPP préconise l’expansion des sables bitumineux et des grands projets de pipelines qui y sont associés, dont Énergie Est et Kinder Morgan. Pour le Canada, la réalisation de tels projets équivaudrait à renoncer aux engagements de l’Accord de Paris sur le climat. La communauté scientifique a pourtant établi qu’il faudrait garder sous terre plus des deux tiers des réserves connues de carburants fossiles pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C.

De fait, l’expansion des sables bitumineux est incompatible avec un climat vivable. Nous devons délaisser cette industrie en déclin au lieu de nous y enchaîner.

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L’ACPP s’efforce à induire le public et les politiciens en erreur avec des projections erronées quant au besoin de nouveaux projets de pipelines au Canada, afin de justifier une expansion de la production.

De plus, l’ACPP s’efforce depuis plusieurs décennies de retarder l’adoption de normes d’émissions applicables aux sables bitumineux. Alors que les gouvernements semblent de plus en plus réceptifs à l’action climatique, l’ACPP redouble d’efforts pour faire adopter des lois peu contraignantes qui favorisent encore les intérêts de l’industrie des énergies fossiles. Elle a même été jusqu’à suggérer que les revenus de la taxe carbone fédérale soient versés aux grandes compagnies pétrolières.

2. L’ACPP affaiblit les mesures de protection de l’environnement.

Il y a longtemps que l’ACPP tente d’affaiblir les mesures de protection de l’environnement au Canada. Ses efforts ont été couronnés de succès sous Stephen Harper, puisque le gouvernement fédéral a modifié une série de lois afin de favoriser « à la fois la croissance économique et la performance environnementale ». Les vœux de l’ACPP ont été exaucés dans les projets de loi omnibus C-38 et C-45, qui ont dévasté les lois environnementales existantes et dont voici les principales conséquences :

La Loi sur les pêches a été vidée de sa substance.

Ce changement législatif a facilité les démarches de l’industrie pétrolière et favorisé la construction de pipelines, le transport par superpétroliers, l’expansion de mines à ciel ouvert et plusieurs autres projets destructeurs de l’environnement partout au pays. Il n’y a rien d’étonnant à ce que l’ACPP se soit attaquée à la loi la plus fréquemment utilisée pour déclencher des processus d’évaluation environnementale.

La Loi sur la protection des eaux navigables a été diluée.

Les règles protégeant 99 % des eaux canadiennes ont été supprimées, ce qui a donné un avantage favorable au projet de pipeline Énergie Est, à la construction du barrage du Site C et au projet de gaz naturel liquéfié Pacific Northwest. Aujourd’hui, seuls 3 océans, 62 rivières et 97 lacs peuvent encore compter sur la surveillance du gouvernement fédéral. 

La Loi sur les espèces en péril a été affaiblie

Ce changement législatif autorise un plus grand pouvoir discrétionnaire au politique dans des processus où la science devrait avoir préséance. L’ACPP considère la Loi sur les espèces en péril comme un obstacle à la construction de pipelines et à l’expansion des sables bitumineux. N’oublions pas que les espèces actuellement en péril font face à des menaces à leur survie causées justement par la marginalisation de la science dans les processus de décision et de surveillance.

La Loi sur l’évaluation environnementale a été abolie.

Sur recommandation de l’ACPP, le gouvernement fédéral a mis fin à 3000 processus d’évaluation environnementale, accélérant ainsi l’approbation de grands projets gaziers et pétroliers. Les nouveaux processus fédéraux reposent davantage sur le pouvoir discrétionnaire et délèguent une plus grande part du fardeau d’évaluation aux gouvernements provinciaux. Au final, le nombre de départements et d’agences pouvant entreprendre des évaluations environnementales est passé de 40 à seulement 3, et Environnement Canada a subi d’importantes coupures budgétaires.

3. L’ACPP appuie des projets qui portent atteinte aux droits autochtones.

L’ACPP s’est portée à la défense du défunt projet de pipeline Northern Gateway, qui était contesté en cour par huit Premières nations. À l’heure actuelle, l’ACPP continue de promouvoir des projets tels qu’Énergie Est et Kinder Morgan, auxquels s’opposent vivement plusieurs autres Premières nations.

Lorsque le gouvernement Harper a entrepris de démanteler nos principales mesures de protection de l’environnement, l’ACPP n’a pas manqué d’exiger une révision des revendications territoriales des Peuples autochtones afin que ceux-ci soient dépossédés de leurs droits.

Idle No More

Les assauts répétés de l’industrie pétrolière à l’encontre des droits autochtones et du droit de l’environnement s’inscrivent dans une longue histoire de colonisation des Premières nations par les gouvernements et les grandes corporations. C’est justement dans un contexte de résistance aux violations préconisées par l’ACPP qu’est apparu le mouvement pour la souveraineté autochtone Idle No More.

Dites au Musée de se placer du bon côté de l’Histoire en rompant ses liens avec l’ACPP.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) est le groupe de pression officiel pour le secteur pétrolier et gazier canadien, dont les membres produisent plus de 90% du gaz naturel et pétrole brut au Canada. C’est le lobby relié aux énergies fossiles le plus puissant du pays.

L’ACPP s’oppose farouchement aux mesures de protections environnementales, à l’action sur les changements climatiques, et appuie des projets qui portent atteinte aux droits autochtones. Nos musées, qui sont des institutions culturelles renommées et dignes de la confiance du public, ne devraient pas être une plateforme de promotion pour des intérêts qui cherchent activement à détruire les mesures mises en place pour la protection de la planète et des droits autochones.

Signez la pétition aujourd’hui pour dire au Musée canadien de l’histoire ne pas se compromettre avec l’industrie pétrolière et de rompre ses liens avec l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP).